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Orientations de préparation mentale et physique dans une situation de combat sous adrénaline

Hervé Gonçalves, préparateur physique et instructeur de Krav Maga FEKM, a livré ses réflexions au magazine Science of Skills (US) sur la préparation au combat de survie en état de stress…


Orientations de préparation mentale et physique dans une situation de combat sous adrénaline
Extrait de Science of Skill magazine Lire l'article au complet version anglaise...
Vous souhaitez pratiquer le Krav Maga self-défense ?


-Question
“Violence against another human being is a terrible thing. What is the best way to stay mentally prepared to inflict physical harm and pain on another person if you find yourself in a threatening situation? Is it all adrenaline or is there another way to stay prepared?” (Lee Jordan, San Marcos)

-Réponse:

"…celui qui se trompe a perdu, mais celui qui hésite à également perdu…" (Akio Morita, fondateur de SONY)

Introduction
Ce qui caractérise un affrontement physique de rue est qu'il se déroule à un moment toujours non choisis, dans une situation dynamique et explosive de danger imminent qui conduit à un état de stress aigu dû à une atteinte potentielle à la vie.
L'objectif prioritaire est donc de protéger son intégrité physique (et/ou celle d'un tiers). Combattre pour sa survie est difficilement comparable à toute autre forme de domination sportive de son opposant, propre aux sports de combat.
C'est dans cette perspective que toutes les ressources psychophysiologiques son mobilisées afin d'assurer la survie, le tout dans un espace temps très réduit.
Cet état de stress enclenche plusieurs effets dont une adaptation ponctuelle d'ordre physiologique et hormonale.
Faute de temps et de calme pour la décision, l'organisme déconnecte le PNS (Parasympathetic Nervous System) responsable des décisions complexes, de l'analyse, de la stratégie et des capacités motrices de haute précision et active à la place le système nerveux sympathique (Sympathetic Nervous System SNS).
Rôle majeur du SNS est d'augmenter en un instant la capacité de survie du combattant par la hausse des fonctions énergétiques et neuro-musculaires, ce qui permet de baisser le temps de réaction. Il s'agit ici de la fameuse "fight or flight response".
L'observation des caractéristiques, qualités et défauts de ces deux modes opératoires (PNS et SNS) activés, selon les situations, par le ANS (Autonomic Nerveus System) de notre cerveau nous permettent d'identifier les facteurs et d'optimiser les paramètres de performance utiles pour maîtriser le stress dans un environnement de combat.


Qu'est ce qu'on cherche à développer ?
Chaque affrontement est composé d'un grand nombre de facteurs inconnus. Le rôle de la préparation est de se familiariser à opérer dans un environnement aux multiples facteurs de stress afin d'éviter les mécaniques non productives.
La stratégie de préparation au combat doit donc viser à développer des comportements effectifs donc voici quelques exemples :
• Favoriser les gestes courts et simples qui fonctionnent dans un grand nombre de cas et en état de stress (Pareto principle : roughly 80% of the effects come from 20% of the causes).
• Réduire les capacités offensives et les avantages de l'opposant par des déplacements et la désorientation
• Développer la capacité de riposte ambidextre à partir d'une position neutre
• Se focaliser sur le premier geste qui est stratégique pour la réussite de la riposte


Les habilités gestuelles sous stress
Sous l'action du SNS nos capacités motrices fines sont fortement réduites, la vision subit une distorsion, l'audition est perturbée, les gestes précis sont difficiles alors que face à une menace nos réactions nécessitent d'une coordination gestuelle-visuelle.

L'entrainement doit donc viser, à partir de différentes positions (debout, assis, au sol) et sur cible mouvant, à développer les habiletés suivantes :
• Elargir sa vision à 360° : prise de conscience et gestion de la vision "en tunnel", de la perte du champs de profondeur, de la perte d'acuité auditive et acquisition d'un état de vigilance permettant de repérer une menace autre que le premier assaillant
• Capacité de riposte immédiate et d'enchaînement fondamental en pied-poing,
• Vigilance face aux obstacles et saisies d'armes
• Habitude à se défendre avec des contraintes vestimentaires (pieds nus, jupe, talons, sac à dos…)
• Aguerrissement émotionnel à la protection d'un tiers (famille, amies, connaissances…)
Afin de développer ces capacités et l'effectivité du combat, l'entraînement doit prévoir par exemple des mises en situations en milieu clos et introduire des exercices qui font appel au sens kinesthésique (combat en aveugle ou dans le noir où compte l'utilisation du sens tactile).

Facteurs psychologiques sous stress
Survivre à une attaque implique parfois de devoir blesser physiquement une personne, ce qui demande un conditionnement interne qui doit faire partie du processus de l'entrainement du pratiquant de la self-défense.
La logique de la préparation en self-défense doit donc viser à
• Reconnaître immédiatement les signes du stress et s'en apprivoiser : rythme cardiaque supérieur à 115 pulsations par minutes (bpm), effets de l'adrénaline (jambes qui tremblent, perception réduite et perte de la vision périphérique, hyper vigilance…)
• Se détacher émotionnellement par rapport à la situation par des techniques de respiration et de visualisation
• Surmonter l'inhibition interne de se défendre en mode passif

La désensibilisation aux situations dramatiques et le détachement peuvent se développer par l'introduction d'un stress modéré dans le dérouler d'un exercice suivi par l'exécution d'une tâche de précision qui demande calme et méthode.
L'entraînement doit également se servir d'outils pertinents, soit par leur impact psychologique (ex. shock knives, paintballs, vestes de protection et casques…) soit pour leur utilité à mesurer les résultats (vidéos, chrono, Fitlight Trainer etc.).

Etude du comportement
Pour aller plus loin les sciences issues du comportement humain telles que la criminologie et la victimologie viennent compléter les connaissances du langage corporel et cognitif utile pour la compréhension des signaux faibles et à la perception des menaces (armes cachées, opposants).
Ce qui permet de pouvoir mettre en place des mesure préventives (négociation, dialogue) ou des stratégies et tactiques spécifiques à la self-défense.


Conclusion :
Un citoyen ordinaire souffrira toujours d'un syndrome post traumatique du fait d'avoir été victime d'une violence physique ou psychologique et ceci quelque en soit l'issue.
Il se peut que, pour défendre notre intégrité physique ou lorsque on porte assistance à un tiers, nous ayons à subir des dommages ou à infliger des dommages conséquents a un agresseur.
Pour comprendre ce type de réactions il s'agit de reconnaître avant tout le rôle prépondérant du stress psychophysiologique qui ne permet pas d'analyser la situation de manière lucide et réfléchie (application du processus cognitif complexe long).
En effet, de nombreuses études démontrent que l'entrée en jeux du SNS lors d'un conflit, déclenché par une perception de danger imminent réelle ou non, a pour conséquence d'annihiler l'acuité intellectuelle.
Le système nerveux parasympathique (SNP), responsable du contrôle en tant de calme est déconnecté. L'organisme passe en mode et survie.
Par conséquent le traitement d'informations complexes, l'action consciente, la coordination gestuelle et visuelle complexe et fine sont inexploitables par la mécanique corporelle.
L'enjeu central de la préparation est d'inoculer un vaccin au stress par un mode opératoire qui tient compte des facteurs clés du combat sous adrénaline qui peuvent venir amenuiser les performances d'une contre offensive efficace.


English version :

SCIENCE OF SKILLS
“Violence against another human being is a terrible thing. What is the best way to stay mentally prepared to inflict physical harm and pain on another person if you find yourself in a threatening situation? Is it only adrenaline or is there some other way to stay prepared?” (Lee Jordan, San Marcos)

" ....he who makes a mistake is lost, but so is the one who hesitates... " (Akio Morita, founder of SONY)

Introduction

What sets apart a physical street clash is that it always takes place at an undecided moment of time, preferably at a dynamic and an explosive situation pregnant with imminent danger which may lead to acute stress particularly due to the potential impairment of life.

Hence, the overarching aim is to ensure the protection of one's physical integrity (and/or that of a third party). Fighting for one's survival is almost hardly comparable to any other form of sports domination from the opponent, particularly in combat sports.

Therefore, in this respect, all psycho-physiological resources must be mobilized so as to ensure the survival, all of which in a minimum amount of space.
This stressful condition contributes to several adverse effects including changes in the physiological and hormonal order.

Owing to the lack of time and peace for the decision, the body disconnects the PNS (Parasympathetic Nervous System) that helps in taking complex decisions, analysis, strategy and in fostering high precision driving skills and instead, activates the sympathetic nervous system (SNS).

The principle role of the SNS is to instantaneously increase the survival capacity of the fighter by increasing his energy and neuro-muscular functions, lowering the response time. This is pompously called the " fight or flight response ".

The ANS in the brain monitors and controls the characteristics, qualities and defects of these two activated modus operandi (PNS and SNS), based on the situations, which allows us to determine factors and hence optimize our performance parameters that help master stress during combat situations.

What must we seek to develop?
Each fight is charged with a large number of unknown factors. The preparatory role is to become familiar with operating in a condition teeming with multiple stress factors in order to avoid mechanics that are not very productive.
The combat preparation strategy thus aims at developing concrete behavior to which below are a few examples:
• Concentrate on short and simple movements which is known to work perfectly in most cases and during stress conditions (Pareto principle: roughly 80% of the effects come from 20% of the causes).
• Reduce the opponent's offensive capabilities and advantages through displacements and disorientation
• Develop your ambidextrous response skills from a neutral position
• Focus on the first movement which is strategically significant in terms of the success of the response


Gestural competencies under stress
Once under the effect of the SNS, our proper driving skills are significantly reduced together with a distorted vision and an interrupted hearing and therefore precisely focused movements are almost impossible, whereas when confronting a threatening situation, our reactions require a visual-gestural coordination.

The training session therefore has to give empirical concentration on various positions (standing, seated, on the ground) and on moving targets and hence develop the following competencies:
• Widen the vision to 360 °: awareness and management of "tunnel" vision, the loss of deep areas, acute loss of hearing and the acquisition of vigilance enabling to locate a threat apart from the first assailant,
• Immediate response and fundamental foot-fist sequencing capability,
• Vigilance in the face of obstacles and firearm seizures
• Skills to defend oneself through clothing constraints (bare feet, skirt, heels, backpack)
• Emotional hardening in the protection of a third party (family, friends, acquaintances....)

In order to develop these skills and gain effectiveness during fighting, the training session must be planned well, for instance, with situation scenarios in closed environments while introducing workouts which direct kinesthetic senses (blind fighting or combat in the dark which necessitates the use of senses).

Psychological factors under stress
Surviving during an attack at times involves a person getting physically hurt, demanding an internal condition that seeks to be part of the training process of the self-defense trainee.

The logic of preparing in self-defense hence must aim at:
• Immediately recognizing indicators of stress and taking proper actions: heart rate greater than 115 pulses per minute ( bpm ), adrenalin effects (trembling legs, reduced perception and loss of peripheral vision, hyper vigilance)
• Loosen yourself emotionally from the current situation through breathing and visualizing techniques
• Overcome internal inhibition so as to defend oneself passively

Desensitization in dramatic situations and detachment may develop with the introduction of stress moderated to set him apart from an exercise followed by the execution of an accurate task that requires peace and method.

Training must also incorporate the use of appropriate relevant tools either for their psychological impact (ex: shock knives, paintballs, chest protector and helmets) or for their ability to evaluate results (videos, stopwatch, Fitlight Trainer etc.).

Study of the behavior
To progress further, sciences based on human behaviour such as criminology and victimology serve to complete the knowledge on physical and cognitive language, used for understanding weak signals and threat perception (hidden weapons, opponents).
This allows the implementation of precautionary measures (negotiation, discussions) or even strategies and specific tactics in self-defense.

Conclusion:
An ordinary citizen will always suffer from a post-traumatic syndrome from the victimization of a physical or psychological violence regardless of the outcome.
It is possible that, in order to protect our physical integrity or when providing assistance to a third party, we must undergo damage or induce damage consequent to the assailant.

Understanding these types of reactions requires determining the overriding role of psycho-physiological stress which prevents analysing the situation in a lucid and thoughtful manner (application of the cognitive process is complicated and long).

In fact, many studies have demonstrated that the effect of SNS during a conflict, triggered by the perception of real or perceived imminent danger, would impede intellectual acuteness.

The parasympathetic nervous system (SNP), responsible in controlling is thereby disconnected, putting the body into a survival mode.
Consequently however, complex information processing skills, conscious action, complex and fine gestural and visual coordination are unexploited through physical mechanics.

The central issue in preparation is to inoculate a vaccine for stress by a modus operandi which takes into consideration the key factors of fighting under adrenalin which may reduce the performances of an effective counter-offensive.
Hervé Gonçalves